Ma pratique s’appuie sur la lumière et l’image en tant que matériau et fonctionne en corrélation avec un volume scénographié. Cette pratique trouve son sens dans l’interdépendance de l’Image-lumière et du volume: la lumière est façonnée pour soustraire une partie du noir et agit comme un masque délimitant un espace non visible, le volume, quand à lui, est spécifiquement modelé pour sculpter la matière lumière.

Mes expérimentations et recherches sont poussées par une volonté de modifier physiquement notre rapport à ce que l’on voit. L’objectif est de donner à la lumière et au volume la possibilité d’évoluer dans le temps, de se réorganiser et de se transformer. Le but est d’apporter une dimension architecturale à notre perception, ainsi qu’une temporalité et une narration. La lumière doit se faire picturale et endosser un rôle d’expressivité. La lumière n’est pas qu’un simple accessoire, elle devient un personnage à part entière, pour créer un espace dynamisé.

Je développe un travail en arts visuels liée à une recherche sur l’image vidéo-projetée. Cette démarche se fonde sur le lien étroit entre la lumière et l’image, car je perçois la lumière comme une matière intrinsèque de l’image vidéo-projetée. Dans son parcours lors de la projection, depuis l’émission et jusqu’a la réception par une surface, l’image est contenu dans un cône de lumière. Le faisceau fourmille d’une multitudes d‘évènements lumineux. En ce sens l’image vidéo-projetée est une lumière enrichie. Elle quitte son statut de matière statique et de composition uniforme. Ces fractions d’images sont comme des particules vivantes pourvues d’une identité propre. Je les assimile à des cellules évoluant dans un écosystème sensorielle et les appellent des Images-lumière.

Les Images-lumière sont des images projetées par un vidéo-projecteur sur des surfaces lumino-sensibles et résultent de la projection de la lumière dans un volume. L’ Image-lumière projetée est divisée numériquement puis répartie dans un espace de représentation en trois dimensions. Elles se révèlent au public à travers leur parcours sur différents plans et différentes matières. Le faisceau lumineux de la projection est ainsi sculpté par la présence d’objets spécifiques qui re-dessinent l’espace. La lumière devient image, l’image devient lumière.

L’Image-lumière est conçue synthétiquement à partir de logiciel informatique, d’images d’archives, mais provient aussi de mes propres captations vidéos. La lumière ainsi générée hérite aussi des composantes et des caractéristiques du contenu dynamique intrinsèque à l’image.